Les guerres indo-pakistanaises: les confrontations de 2019 et 2025 (6/6)
Essentiellement de nature diplomatique depuis la confrontation de 2001, les tensions entre le Pakistan et l’Inde reprennent une dimension militaire marquée ces dernières années, en particulier lors des épisodes de l’année 2019 et de mai 2025.
Les causes de la confrontation indo-pakistanaise de 2019

Le 14 février 2019, un convoi de la police indienne subit une attaque kamikaze à Lethpora, dans la province du Jammu-et-Cachemire. Le bilan est lourd : 46 policiers indiens perdent la vie lors de cet attentat revendiqué par le groupe armée islamiste pakistanais Jaish-e-Mohammed, que l’Inde accuse d’être soutenu par l’Inter-Services Intelligence, les services secrets du Pakistan.
En réponse à cette attaque, Narendra Modi ordonne à l’aviation indienne, le 26 février 2019, de bombarder de nuit des camps d’entraînement du Jaish-e-Mohammed situés en territoire pakistanais. Les avions de guerre indiens opèrent une série de bombardements au Pakistan, notamment près de la ville de Balakot. À la suite de ce raid, New Delhi annonce la destruction de plusieurs camps d’entrainement du Jaish-e-Mohammed.
Les autorités pakistanaises et les observateurs internationaux remettent toutefois en cause ce bilan, arguant après l’analyse d’images satellites l’absence d’importants dégâts visibles sur des camps du Jaish-e-Mohammed.
Enlisement et fin de la confrontation
Le jour suivant le raid aérien, des escarmouches éclatent à la frontière indo-pakistanaise, et celles-ci se poursuivent au cours de la semaine. Les deux armées s’affrontent à distance, à l’aide de mortiers, de canons d’artillerie et de chars. Si aucun soldat n’est tué par ces combats, quatre civils indiens perdent eux la vie.
Dans le même temps, l’aviation pakistanaise bombarde des cibles dans le Jammu-et-Cachemire indien, ne faisant aucune victime. L’emploi de l’aviation par les deux belligérants cause des pertes au sein des deux armées : deux MiG-21 Bison indiens et un F-16 pakistanais sont descendus, auxquels s’ajoute un hélicoptère indien abattu par un tir ami, faisant six morts. Ces affrontements aériens renforcent les tensions entre les deux pays, provoquant une reprise des échanges de tirs à la frontière, au point que le 2 mars, deux militaires et deux civils pakistanais ainsi que trois civils indiens sont tués.
Toutefois, dans une volonté d’apaisement vis-à-vis de l’Inde, le Pakistan relâche, dès le 1er mars, le lieutenant-colonel indien Abhinandan Varthaman capturé suite au crash de son avion dans la partie pakistanaise du Cachemire. Ce geste marque le début de la désescalade entre les deux pays. Au cours du mois de mai 2019, le ministère de l’Intérieur pakistanais annonce l’arrestation de 44 membres d’organisations islamiques, dont le fils et le frère de Masood Azhar, le chef de Jaish-e-Muhammed.
La crise de 2025
Le 22 avril 2025, en Jammu-et-Cachemire indien, un attentat perpétré par le Front de résistance, branche du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba, coûte la vie à 26 personnes, en grande partie des touristes indiens. L’Inde accuse le Pakistan de soutenir « le terrorisme transfrontalier » et prend rapidement des mesures de rétorsion : suspension des visas pour les ressortissants pakistanais, rappel de diplomates en poste au Pakistan, expulsion de diplomates pakistanais et suspension du traité des eaux de l’Indus.
Le 24 avril, deux jours seulement après l’attentat de Pahalgam, les armées pakistanaises et indiennes en poste dans le Cachemire commencent toutes deux à procéder à un bombardement des positions adverses à l’aide de canons d’artillerie.
Opération Sindoor et fin de la confrontation

La confrontation atteint son paroxysme dans la nuit du 6 au 7 mai quand l’Inde déclenche l’opération aérienne Sindoor qui vise neuf sites liés à Lashkar-e-Taiba au Pakistan. Les avions indiens affrontent la chasse pakistanaise dans l’un des plus grands combats aériens depuis la fin de la Seconde guerre mondiale : une centaine d’avions sont au total mobilisés, et si l’Inde parvient à bombarder ses cibles terrestres, elle perd plusieurs avions, le Pakistan déclarant notamment avoir abattu un Rafale grâce au missile de longue portée PL-15 de fabrication chinoise.
Deux jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 mai, le Pakistan répond à l’Inde avec l’opération Bunyan al-Marsus (« Mur de plomb ») au cours de laquelle il bombarde plusieurs cibles terrestres situées en territoire indien. Le jour même, l’Inde et le Pakistan annoncent un cessez-le-feu avec effet immédiat. La confrontation fait plus d’une cinquantaine de victimes dans les populations civiles indiennes et pakistanaises, ainsi qu’au moins huit soldats indiens et 11 soldats pakistanais.


